La nuit fut longue. Je n’ai pas réussi à m’endormir avant le jour suivant. Il faisait chaud, très chaud. Et la lune était pleine, si pleine que lorsque j’ai mangé une tomate-passe-le-temps avec du sel vers les 11h du soir, je me suis rendue compte que je pouvais lire sans aucune difficulté toutes les indications inscrites sur la salière. On y voyait comme s’il faisait jour ! Et puis il y avait beaucoup de passages sur cette petite route. Des camions surtout. Des grands camions, qu’on appelle « road-train ». Toute la nuit, à toute allure, il défilait un à un rejoignant certainement la ville de Perth plus au Sud. Trempée de sueur, j’ai décidé de tourner la voiture de façon à ce que le vent pénètre dans la voiture et fasse descendre le mercure. Puis le sommeil m’a rattrapé.
Le lendemain j’ai roulé. 560km entre Karratha et Exmouth tout de même. La route est sujette aux inondations tout le long. Sauf que contrairement au Centre Rouge qu’on avait visité en Décembre, ici il y a de l’eau. Et une partie de la route était sous les eaux. Heureusement, juste quelques mètres de route sous une dizaine de centimètres d’eau. J’ai transformé la Hyundai Getz en quatre-quatre et j’ai vaillamment traversé le fleuve. N’empêche qu’il ne faudrait pas plus d’eau que ça au retour, sinon je vais me retrouver bloquée. Et ici, il n’y a qu’une route. Au moins pour les itinéraires, ce n’est pas trop compliqué ! Le reste de ma route s’est bien passée, mise à part une portion d’environ 150km. En effet, je ne pense pas exagérer en disant qu’il devait y avoir un lézard sur la route tous les kilomètres. En général de couleur rouge, environ 10cm de long, au milieu de la route et redressé sur ses pattes avant. Et il ne se taillait pas quand une voiture arrivait ! Alors éviter environ 150 lézards c’est très fatiguant et plutôt dangereux.
Bien entendu il y a eu des ratés. Je pense avoir écrasé deux lézards et dégommé un oiseau. Argh… cette sensation horrible quand on suppose que nos roues passent sur la pauvre petite bête stupide. J’en avais la chair de poule. Mais les deux lézards que j’ai écrasés étaient suicidaires ; ils se sont engagés sur la voie au moment où j’arrivais. Le premier lézard que j’ai écrasé était un rouge comme j’en ai vu énormément se dorer les écailles au soleil, et le second était un lézard qui marchait debout sur ses pattes arrières. Les deux espèces avaient la faculté de courir extrêmement vite ; dommage qu’ils ne l’aient pas plus utilisée. M’enfin bref.
Dans la série animaux, j’ai vu de très belles vaches et des émus à l’état sauvage. Des émus on en rencontre aussi en plein dans Exmouth, ce qui en fait la fierté de la ville. Je loupe la saison des requins-baleines dans le Ningaloo Park, mais je suis là pour les tortues. J’en ai vu pas mal quand il faisait jour, et ce soir je me suis improvisée observatrice de tortues à la tombée de la nuit, ce qui était très plaisant. Les tortues sortent à la tombée de la nuit, traversent la plage, et vont creuser des gros nids sur les dunes. Ces tortues mesurent bien un mètre de long. C’est trop marrant quand elles arrivent sur la plage. A chaque retrait d’une vague tu peux espérer voir une carapace échouée dans le sable. Puis, si l’eau ne récupère pas ce qu’elle a déposé, de la carapace sort une petite tête. Et puis la lutte commence. Ces pauvres animaux semblent devoir fournir une grande quantité d’énergie pour se traîner dans le sable jusqu’aux dunes. Heureusement que l’homme ne chasse pas la tortue ici, ce serait vraiment trop facile d’en attraper une embourbée dans le sable ! Ce soir comme hier, un orage très localisé se déroule plus loin. Il se passe dans un amas de nuages à un endroit bien précis. D’ici je peux observer le nuage et ses éclairs, mais je n’ai que l’image, et pas de son. Cela me convient plutôt bien.
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