Lundi 2 Février 2009 – Kangaroo Island

Hier soir, en consultant le guide de Kangaroo Island, je suis tombée sur la page « que faire si vous êtes confronté à un feu de forêt ? ». Et là j’ai pris conscience du danger que représentait le feu pour un pauvre petit piéton comme moi au milieu d’une végétation aussi abondante… Je me suis imaginée au milieu des flammes de 10mètres de haut, allongée par terre en train de ramper pour trouver de l’oxygène… Bref je me suis un peu fait peur, mais comme il dise à la fin du fascicule, c’est souvent l’ignorance et la panique qui causent le plus de décès lors des incendies. J’ai tout de même bien dormi. Je n’ai fait aucun cauchemar et je crois même que c’était ma meilleure nuit dans la voiture car je ne me suis réveillée qu’une fois et je ne me suis levée qu’à 9h.


A 9h j’ai fait la marche de 5km des Waterfall. A l’entrée de celle-ci on doit s’essuyer les pieds avant et après la marche, pour éviter la propagation d’une espèce de plante nocive pour l’ensemble de la végétation. Durant cette marche j’ai croisé quelques timides wallabies seulement. D’ailleurs les kangourous qu’on croise le plus souvent sur l’île sont des wallabies, des demi-portions de kangourous. On devrait appeler l’île Wallaby Island. Les seuls grands kangourous que j’ai vus étaient réduits à l’état de bouillie au bord de la route. Donc arrivée au bout de la marche, j’étais censée voir des chutes d’eau bien sûr. Mais en hiver ! En été il n’y a point d’eau ici ! Donc c’était un petit peu une marche échec bien que j’aurais dû m’en douter. J’ai repris la voiture vers 10h. A peine avais-je fait une centaine de mètres, que j’ai vu des étranges nuages blancs… et d’autres biens gris… Ca y est. J’y suis. En plein bushfire. J’ai regardé au dessus de ma tête, le ciel était tout blanc. Que faire ? Où aller ? Attendre ? Je me suis arrêté à un complexe sportif pour demander conseils. Personne. Devais-je rester sur cette aire dégagée à côté du terrain de handball ? J’ai commencé à paniquer un peu. Puis j’ai vu un bout de ciel bleu. Ne voyant de flammes nulle part, je me suis lancée sur les routes de gravier en direction du ciel bleu et de la côte en l’occurrence. Ma Hyundai Getz s’est transformée en vrai quatre-quatre. Je me suis dit, si le ciel est bleu, c’est que le vent n’a pas poussé les nuages dans cette direction, et donc que ce ne serait pas le chemin logique de propagation du feu. Je suis arrivée à une plage, et à côté de l’eau où je pourrais me jeter pour sauver ma peau ! Je n’ai pas vraiment profité du sable et de la plage, j’étais un tantinet stressée. Finalement du haut d’une colline, j’ai pu me rendre compte que les nuages s’arrêtaient et ne venaient pas jusqu’à moi.


Je me suis donc relaxée et je me suis rendue sur une autre plage. On l’indique comme étant une plage de sable blanc tout fin. La seule chose qu’on voit en arrivant, des énormes cailloux… La plage est indiquée par un panneau qui t’entraîne sous des énormes rochers. Tu dois te faufiler entre plusieurs de ses gros rochers qui forment des cavernes, te baisser, enjamber, avant d’apercevoir enfin la plage de sable fin. Original ! Il ne faut pas être claustrophobe et cette entrée exigüe a du en faire fuir plus d’un ! Finalement en fin de journée, les gros nuages effrayants étaient toujours là. Je me suis renseignée. Pas de départ de feu déclaré. Il y a eu cependant un feu la semaine dernière sur la côte Nord et il est possible que l’endroit soit encore enfumé. Ces gros nuages devaient donc seulement être des nuages de mauvais temps mais cela m’avait choqué car pendant ma ballade matinale il faisait grand beau et ces nuages créaient une séparation nette avec le ciel bleu. Ils m’auront fait une belle frayeur !


Restons cependant vigilant, les annonces radios concernant les bushfires et ses dangers se multiplient. Il paraît que l’Australie n’a pas connu telle canicule depuis 100 ans ! Beaucoup de personnes, âgées surtout, sont mortes ; le réseau d’électricité claque sous la chaleur… Bref, la chaleur sévit durement en ce moment. Moi ça va. J’utilise de la crème solaire et je m’hydrate. Seul mon bras droit, exposé à la lumière quasiment constamment lorsque je conduis, se trouve rôti à l’heure qu’il est. Ma cuisse droite est épargnée car je la protège avec une serviette de bain lorsque je conduis. Bon y’a pas, je crois que je suis bronzée quand même. Ah oui, une dernière chose. Je suis sur une aire de camping là, et quand je mangeais tout à l’heure, j’ai aperçu les jambes d’un mec derrière les buissons, marchant tout doucement, et j’ai vu également… le bout d’un fusil !! Genre le mec chassait dans le camping ! Je ne voulais pas me faire tirer comme un lapin, je flippais ! Le mec, tête rasée, aurait incarné un parfait snipper dans une série télévisée… Mais bon, je crois que je regarde trop de Prison Break. Après une dizaine de minutes, j’ai revu l’homme et son arme… un appareil photo avec un objectif gigantesque. Ahlala… pauvre de moi ! Au moins je me fais rire toute seule !

1 commentaire:

Akubra a dit…

Les angoisses te provoquent des hallucinations!

Une légère tendance paranoïaque te plonge au milieu d'un film d'action animé par de gigantesques incendies, et de terrifiantes chasses à l'homme...

Tu es un rayon de fraicheur...