It's time to go ...


Mercredi 18 Février 2009 – Canberra – J-1

Aujourd’hui j’ai passé la journée avec la nouvelle au pair, Lucy. Elle est très gentille et bavarde. On a fait un petit peu de shopping, on a mangé en ville, et je lui ai montré certains endroits qu’elle se devait de connaître, comme le centre à touristes par exemple. Le soir on est allé au restaurant avec toute la famille. C’était très sympa ! C’était un dîner d’adieux. J’ai offert un poster avec des photos de ses enfants à Helen ; elle avait l’air enchantée ! Et puis moi j’ai été gâté ; j’ai reçu un joli petit sac rose, un livre, et je vais recevoir un DVD qui n’est pas encore arrivé ! Very kind, isn’t it ? Voila, voila. J’ai posté un colis de près de 10kg en direction de la France que je recevrai d’ici deux mois. Je n’ai plus de dollars en poche. Ma valise est presque bouclée. Je suis prête à partir. Je vais vous épargner le voyage retour, même si il y aura certainement mille et une choses passionnantes à vous raconter !

Donc il est temps de refermer ce livre. Ce que je peux dire, c’est que j’en aurai beaucoup, beaucoup, fait en Australie. Et j’aurai beaucoup appris également ; grandi en quelque sorte. Après être partie toute seule pour 6 mois et demie à 20 000 km de mon domicile, réalisé un stage en conception mécanique à l’Université de New South Wales à Canberra, vécu dans une famille australienne comme « au pair », m’être occupée de deux enfants de 4 et 7 ans, après avoir pris l’avion toute seule 18 fois, conduit à gauche sur une distance d’environ 10 000 km, loué au moins 5 voitures, visité tous les états d’Australie, avoir vu des milliers de kangourous, une vingtaine de koalas, des émus, des wombats, des échidnas, des goannas, la Grande Barrière de Corail, la Great Ocean Road, Uluru, les Olgas, le Ningaloo Park, nagé dans une eau infestée de crocodiles, fait une initiation à la plongée pendant laquelle j’ai vu un requin, nagé avec les dauphins, nagé avec une tortue, écrasé des dizaines de grenouilles et au moins deux lézards, assommé deux oiseaux, … l’histoire se termine.
Forcément elle laissera des séquelles. J’ai vécu beaucoup plus qu’une expérience professionnelle. Et je voudrais remercier encore un fois mes parents de m’avoir aidé à partir. Ici s’arrête les histoires de mère-castor. Merci de les avoir suivies !

Mardi 17 Février 2009 – Canberra – J-2

J’ai passé la journée de Lundi en compagnie d’Elodie. On a traîné dans les magasins comme des filles… ;o) J’ai acheté un pull ; au moins je pourrai l’utiliser dès mon retour ! C’est affreux, dans les news on parle de deux kangourous retrouvés décapités et vidés de leurs entrailles… On n’a pas le droit de s’en prendre aux kangourous !!! Rejoignez dès à présent le front de sauvegarde des kangourous à poil mou et doux ! Et puis sinon vous avez surement entendu l’histoire du gamin de 13 ans, fraîchement papa depuis une semaine… n’importe quoi ! Et sa sœur avait eu un gamin au même âge également… Bref… ça craint ! Niveau news également : le feu continue de bruler dans le Victoria, pendant que 62 pourcent du Queensland est sous les eaux. En ce qui me concerne, j’avais un avion à prendre à 00h45. En arrivant, j’ai vu sur le tableau d’affichage que tous les vols en direction de Karratha étaient annulés… J’ai eu de la chance ! Je suppose que c’était à cause des mauvaises conditions météorologiques que tous ces vols ont été annulés. Je trouve que je m’en sors un peu trop bien avec aucun avion annulé et aucun bagage de perdu. Ca peut encore venir… Et pour le quatrième vol consécutif, je n’avais personne à côté de moi, ce qui signifie que j’avais un ou deux sièges de libres à côté de moi pour m’étendre. Pour le retour Perth-Sydney, je me suis carrément allongée ; j’ai bien dormi ! Si seulement je pouvais avoir autant de place pour un vol de 10h pour mon retour en France ! Oui car le décompte est bientôt over ! Je prends l’avion après demain à 14h en direction de Sydney, puis de Singapore je crois, et puis Paris je suis sure.

Dimanche 15 Février 2009 – Western Australia

Oui je sais, il manque quelques jours… Vendredi j’ai snorkellé et j’ai fait une ballade de deux heures. C’est assez marrant car il était quatre heure de l’après-midi, il faisait hypra-chaud, j’étais trempée, et je me disais « mais pourquoi tu te fais du mal comme ça ? Personne ne t’oblige à faire ça ?! ». Mais bon… c’est comme les mecs qui font des marathons et qui courent pendant 42km en puisant dans leurs ressources jusqu’à tomber de fatigue… L’être humain est étrange.
On annonçait des pluies pour le samedi après-midi et dimanche. Par précaution, et parce que je flippais de ne pouvoir rentrer à temps, j’ai repris la route retour dès samedi matin. Sur la route, on se salue à chaque fois qu’on croise quelqu’un. C’est certainement pour éviter de s’ennuyer trop sur cette route monotone ! Et puis les carcasses de kangourous sont beaucoup plus odorantes ; je suppose que c’est à cause de l’humidité ambiante. Il faisait moins chaud ce jour-là, ce qui m’a permis de rouler plus facilement. D’autant plus que, puisqu’il faisait moins chaud (30 degrés quand même…), les fameux lézards suicidaires n’étaient pas de sortie ! Pfff… tant mieux !
Comme prévu, à 3h57 de l’après-midi, premières gouttes de pluie. Très légères. D’ailleurs tous les cours d’eau qui contenaient beaucoup d’eau à l’aller étaient presque asséchés au retour. Plus de routes inondées. Mais plus l’heure avançait, plus la pluie se faisait intense. J’ai dormi à Karratha, sur un parking dans la ville, car je craignais des inondations (sur le parking d’une église… ils n’auraient pas pu me virer quand même ?!)… Et toute la nuit il a plu, fort, très fort. Et il y avait un très gros orage. J’espérais vraiment que l’histoire de la cage de faraday que constitue la voiture comme protection ne soit pas qu’une légende urbaine. Et en quelques minutes les routes étaient pleines d’eau. Le lendemain une route était inondée. Bien contente d’avoir roulé hier sans pluie. Il est possible qu’aujourd’hui la route soit interdite aux voitures. En tout cas je comprends maintenant pourquoi tout le monde possède un quatre-quatre ici.
Me voilà à l’aéroport de Karratha où il n’y a personne (avec trois avions par jour en même temps…). J’ai rendu les clefs de ma voiture de location dans une petite boîte car il n’y avait personne au comptoir. Seul problème : je n’ai pas été foutu de trouver un aspirateur dans la ville. Pour ce qui est de l’extérieur de la voiture, elle avait été bien lessivée pendant la nuit. Mais à l’intérieur il y avait pas mal de sable. Mais j’ai cherché pendant une heure et demie, demandé à plusieurs stations services… Pas moyen de trouver un « car wash » quelque part. J’en ai vu un ; en ruine … Je leur ai écrit un petit mot à l’agence de location. J’espère qu’ils ne vont pas me charger à cause ça. J’ai nettoyé comme je pouvais avec un chiffon. Enfin bref. On fait ce qu’on peut… Ce n’est pas toujours évident dans l’Outback. A l’aéroport j’ai pris ma deuxième douche depuis mon départ, histoire de ne pas effrayer Didi en rentrant à Perth ;o)

Jeudi 12 Février 2009 – Western Australia

Aujourd’hui, rebelotte. Snorkelling toute la journée, avec avant, pour se mettre en jambe, une petite marche matinale d’une heure autour d’un canyon. J’ai croisé là-bas une chèvre sauvage, des rock-wallabies, plutôt timides d’ailleurs, et au moins mon quatrième goanna depuis mon arrivée à Exmouth. En effet le long lézard a l’air de se plaire ici et sort régulièrement se poser au milieu de la route. Au moins, vue sa taille, il est plus facile à repérer de loin et donc on peut l’éviter plus facilement.

Quoique j’en ai vu un plus très frais au bord de la route également. J’ai aussi vu deux chevaux ; immédiatement je me suis dit qu’ils s’étaient échappés du centre équestre d’Exmouth à 60km de là… et puis finalement, après réflexion, il existe des chevaux sauvages en Australie. Peut–être étaient-ils de ceux là ? La nuit précédente avait été assez dure car les coups de soleil aux fesses, ce n’est pas terrible pour dormir dans une voiture… Ce matin dès le centre à touristes ouvert, je suis allée me procurer de l’après-soleil pour calmer le feu. Ce soir je peux m’asseoir sans faire la grimace, mais je suis toujours bien rouge ! Je suis dans un backpacker à Exmouth. J’ai ainsi pu prendre une bonne doudouche ! On devrait tous faire un jeûne de quatre jours de douche avec 40 degrés dehors ; ça nous apprend à savourer le privilège d’une bonne douche. Dans le parc naturel il n'y a aucune douche soit disant à cause des restrictions d’eau. Bref. Ca faisait du bien, même si j’ai du me sécher avec une serviette salée et si j’étais aussi trempée avant qu’après la douche. Dans le backpacker j’ai pu utiliser internet (dingue ! Quand on sait que le téléphone mobile ne passe pas !). J’ai rencontré quatre français en vadrouille. Ca faisait longtemps ; dans le Western Australia c’est beaucoup moins touristique. C’est ça qui est génial là où je baigne : il y a juste assez de monde pour alerter les secours si j’ai un problème. Mais en gros on est rarement plus de quinze sur une plage, et dix dans l’eau à un spot de snorkelling. Donc c’est génial ! Aujourd’hui j’ai du nager en tout 3h. Mais cette fois je suis allée dans l’eau avec T-shirt de protection, crème solaire dans le coup, et jupe ! Vu les dégâts de mon fessiers, j’ai préféré avoir l’air un tout petit peu plus ridicule mais profiter de la journée. Hier soir j’étais sur une plage pour le couché du soleil. J’étais seule. J’ai vu un gros coquillage, appartenant à Bernard, l’hermite, que j’ai d’ailleurs rencontré lors d’une de mes sorties en mer. Je voulais le bouger. Et puis je me suis dit « Non ! C’est peut-être la maison d’un autre animal maintenant ! ». Et puis une demi-heure plus tard, la fille de la famille « Je suis bronzé(e)» l’a ramassé sans aucun scrupule. Snif.

Fait intéressant que j’ai pu remarquer dans l’eau : on entend très distinctement des craquements qui correspondent… à chaque « croc » que les poissons prélèvent sur les coraux ! Chaque bouchée de coraux croustille sous la bouche du poisson ! Et puis c’est dingue qu’ils soient si différents tous ces poissons ! Il y en a des petits, des gros, des colorés, des tout blancs, des moches et des beaux ! Des tout fins, des qui font peur et des qu’on a envie de toucher. J’adore ! Je suis presque incollable sur les poissons maintenant ! Note personnelle à Ben : les trucs en forme d’énormes patates noires dans l’eau à Cairns, ce sont en fait des « concombres de mer » ; des organismes qui bougent très lentement et qui mangent du sable (pour ta culture !). J’aime assez les raies également, car elles sont majestueuses lorsqu’elles se déplacent dans l’eau. Pas de tortue aujourd’hui. Et puis ce matin on annonce la deuxième attaque de requin dans le port de Sydney en deux jours.


Mercredi 11 Février 2009 – Western Australia

Aujourd’hui j’ai été dans l’eau… beaucoup ! Toute la journée pour ainsi dire. De toute façon j’étais venue pour le Ningaloo Park qui abrite un récif de corail. Et bien je l’ai vu, et bien ! C’était génial ! L’eau est d’un bleu carte postale, très claire, et très chaude ! Assez chaude pour y entrer sans grimacer et y rester toute la journée sans avoir froid. J’ai fait du snorkelling toute la journée, c’est-à-dire nager avec masque et tuba. C’est trop génial car le récif est à quelques mètres de la plage ce qui fait qu’on y accède librement. J’avais beaucoup aimé mon expérience à la Grande Barrière de Corail mais c’était trop court ! Je n’avais pas pu observer la faune sous-marine assez longtemps. Et bien ici, pour le prix de l’entrée du parc national (20 dollars le pass annuel !), je peux en profiter tant que je veux ! Le seul problème c’est que… j’avais peur de toucher les coraux ! Ils étaient si proches.

A marée basse, un spot de snorkelling est même déconseillé car le niveau d’eau au dessus des coraux est insuffisant. Bref. J’ai adoré. C’est dingue le nombre de poissons et les différentes couleurs qu’on peut trouver. Il y a un petit poisson coloré qui m’a affronté en duel ! Ce petit curieux, au lieu de fuir lorsque je me suis approchée, m’a foncé droit dessus, yeux dans les yeux, et à deux reprises. Ca surprend ! Et puis j’ai pu nager avec une tortue ! J’aurais pu la toucher ! J’ai nagé à moins d’un mètre d’elle pendant une petite minute. C’était magique ! Il parait qu’il y avait un requin là où je nageais. Je ne l’ai pas vu mais cela est très possible et ils sont inoffensifs pour l’homme ceux-là. Aujourd’hui il a fait très chaud tant et si bien qu’on était mieux dans l’eau que dehors. Le seul problème à flotter toute la journée dans ce bon bain tout chaud…j’ai les fesses toutes rouges ! Un maxi coup de soleil m’a enflammé l’arrière train. En même temps ça aurait été trop beau de s’en sortir indemne malgré la crème solaire et le T-shirt de protection. Bon j’ai baigné toute la journée mais j’aurais bien aimé prendre ma première douche depuis mon départ… mais cela semble compliqué. J’ai fait tous les « campsites » du coin, et il n’y en a aucun avec seulement un robinet. Je me sens un tout petit peu sale à devoir me mettre de la crème, manger, et aller aux toilettes sans pouvoir me laver les mains jamais correctement. Sans compter que le sable ça colle pas mal et ça croque sous la dent !

Mardi 10 Février 2009 – Western Australia

La nuit fut longue. Je n’ai pas réussi à m’endormir avant le jour suivant. Il faisait chaud, très chaud. Et la lune était pleine, si pleine que lorsque j’ai mangé une tomate-passe-le-temps avec du sel vers les 11h du soir, je me suis rendue compte que je pouvais lire sans aucune difficulté toutes les indications inscrites sur la salière. On y voyait comme s’il faisait jour ! Et puis il y avait beaucoup de passages sur cette petite route. Des camions surtout. Des grands camions, qu’on appelle « road-train ». Toute la nuit, à toute allure, il défilait un à un rejoignant certainement la ville de Perth plus au Sud. Trempée de sueur, j’ai décidé de tourner la voiture de façon à ce que le vent pénètre dans la voiture et fasse descendre le mercure. Puis le sommeil m’a rattrapé.

Le lendemain j’ai roulé. 560km entre Karratha et Exmouth tout de même. La route est sujette aux inondations tout le long. Sauf que contrairement au Centre Rouge qu’on avait visité en Décembre, ici il y a de l’eau. Et une partie de la route était sous les eaux. Heureusement, juste quelques mètres de route sous une dizaine de centimètres d’eau. J’ai transformé la Hyundai Getz en quatre-quatre et j’ai vaillamment traversé le fleuve. N’empêche qu’il ne faudrait pas plus d’eau que ça au retour, sinon je vais me retrouver bloquée. Et ici, il n’y a qu’une route. Au moins pour les itinéraires, ce n’est pas trop compliqué ! Le reste de ma route s’est bien passée, mise à part une portion d’environ 150km. En effet, je ne pense pas exagérer en disant qu’il devait y avoir un lézard sur la route tous les kilomètres. En général de couleur rouge, environ 10cm de long, au milieu de la route et redressé sur ses pattes avant. Et il ne se taillait pas quand une voiture arrivait ! Alors éviter environ 150 lézards c’est très fatiguant et plutôt dangereux.


Bien entendu il y a eu des ratés. Je pense avoir écrasé deux lézards et dégommé un oiseau. Argh… cette sensation horrible quand on suppose que nos roues passent sur la pauvre petite bête stupide. J’en avais la chair de poule. Mais les deux lézards que j’ai écrasés étaient suicidaires ; ils se sont engagés sur la voie au moment où j’arrivais. Le premier lézard que j’ai écrasé était un rouge comme j’en ai vu énormément se dorer les écailles au soleil, et le second était un lézard qui marchait debout sur ses pattes arrières. Les deux espèces avaient la faculté de courir extrêmement vite ; dommage qu’ils ne l’aient pas plus utilisée. M’enfin bref.

Dans la série animaux, j’ai vu de très belles vaches et des émus à l’état sauvage. Des émus on en rencontre aussi en plein dans Exmouth, ce qui en fait la fierté de la ville. Je loupe la saison des requins-baleines dans le Ningaloo Park, mais je suis là pour les tortues. J’en ai vu pas mal quand il faisait jour, et ce soir je me suis improvisée observatrice de tortues à la tombée de la nuit, ce qui était très plaisant. Les tortues sortent à la tombée de la nuit, traversent la plage, et vont creuser des gros nids sur les dunes. Ces tortues mesurent bien un mètre de long. C’est trop marrant quand elles arrivent sur la plage. A chaque retrait d’une vague tu peux espérer voir une carapace échouée dans le sable. Puis, si l’eau ne récupère pas ce qu’elle a déposé, de la carapace sort une petite tête. Et puis la lutte commence. Ces pauvres animaux semblent devoir fournir une grande quantité d’énergie pour se traîner dans le sable jusqu’aux dunes. Heureusement que l’homme ne chasse pas la tortue ici, ce serait vraiment trop facile d’en attraper une embourbée dans le sable ! Ce soir comme hier, un orage très localisé se déroule plus loin. Il se passe dans un amas de nuages à un endroit bien précis. D’ici je peux observer le nuage et ses éclairs, mais je n’ai que l’image, et pas de son. Cela me convient plutôt bien.

Lundi 9 Février 2009 – Western Australia

J’ai pris un avion pour Karratha à 3h de l’après-midi. A 5h on atterrissait. En sortant de l’avion, il faisait chaud et humide. Cette sensation d’humidité, semblable à celle que j’avais ressentie en arrivant à Cairns, m’a rassuré car pour moi si l’humidité était plus présente, les probabilités d’incendies étaient diminuées. Au matin, j’avais eu une réponse négative concernant une demande d’hébergement dans un backpacker, et pour ainsi dire le seul backpacker de Karratha. J’avais donc téléphoné chez Europcar pour demander si par hasard je pouvais louer la voiture dès mon arrivée au lieu d’attendre le lendemain matin. Et finalement, je me retrouve avec une bonne petite Hyundai Getz toute neuve, retirée à l’aéroport, et que je ramènerai à l’aéroport juste avant de reprendre l’avion. Cela m’arrange complètement car je n’aurai pas besoin de faire des transferts ville-aéroport. Donc au niveau des voitures, ça gère ! Je me suis dirigée vers le centre commercial pour m’approvisionner en eau. Je n’ai malheureusement pas vu le centre d’information ; de toute façon à cette heure là il doit être fermé. Après m’être approvisionné j’ai de suite pris la route pour m’éloigner de la ville et trouver un endroit où dormir tranquille. A peine avais-je fait vingt kilomètres que je vois un panneau « Avez-vous vérifié l’état des routes ? Car la saison des cyclones a commencée… » Hum hum… Un cyclone… Comment s’en protéger ? C’est des questions qu’on ne se pose pas souvent ! Enfin me voila sur un parking au bord de la route (car il n’y a qu’une seule et unique route, donc pas de possibilité de se faufiler dans une petite route à l’abri). Je n’ai pas de réseau. Il fait très chaud. Il fait presque nuit et je transpire sans bouger. Les mouches ne sont pas encore couchées. J’en ai environ dix sur moi, ça promet ! Heureusement que j’ai emmené la crème miracle avec moi ! Karratha est une ville complètement industrielle. Tous les habitants travaillent dans les nombreuses mines qui entourent la ville. Les véhicules, essentiellement des quatre quatre, arborent un petit drapeau rouge très en hauteur par rapport au conducteur. Je suppose que tous ces véhicules travaillent dans les mines et possèdent ce petit drapeau pour qu’ils puissent être vu et évité d’être écrasé par les énormes engins de chantier. Le paysage est semblable à celui d’Alice Springs. La terre est très rouge. Je suis dans une immense plaine entourée de quelques collines. La végétation est basse ; essentiellement de l’herbe.

Dimanche 8 Février 2009 – Perth/Western Australia

Visite de la ville aujourd’hui, en utilisant les transports en commun. Jolie ville, avec des gens relaxés, et un petit CBD. Nous sommes allées à Kings Parks, un grand parc très agréable. On a traversé le fameux Lottery Federation Bridge. Puis nous avons trainé en ville, mangé, et fait un peu les boutiques. Le soir nous avons été à la plage jusqu’au coucher du soleil. A la télévision les journaux spéciaux concernant les incendies se succèdent. L’Australie connait ses plus gros dégâts dus aux incendies de son histoire. On a relevé 47 degrés (donc à l’ombre) du côté de Melbourne. 75 morts à l’heure actuelle, mais les incendies ne sont pas maitrisés. J’ai lu que 2000km carrés de terrain avaient été ravagés, et quand on y pense ça fait quand même quatre fois la surface de la France tout ça… J’ai très peur du feu. Je suis bien contente d’être dans l’Ouest de l’Australie en ce moment ; le hasard fait bien les choses. Cependant Canberra n’est pas très loin de là où les feux ont lieus actuellement ; j’espère que d’ici une semaine la situation se sera calmée, et que les feux seront maitrisés… J’ai regardé une carte répertoriant les départs de feu dans l’état du Victoria ; c’est absolument incroyable qu’il s’en déclenche autant, et à autant d’endroits différents…

Samedi 7 Février 2009 – Perth/Western Australia

Nous sommes allées au zoo de Perth aujourd’hui. Et le soir on s’est regardé un Dvd réalisé par le même réalisateur que Sixième sens et Signes. Tenues en haleine tout le long du film, la fin est vraiment franchement décevante… Pas de fin pour ainsi dire. Snif…

Vendredi 6 Février 2009 – Perth/Western Australia

J’ai retrouvé mon amie d’enfance, Elodie, avec qui j’ai passé trois ans en internat. On a passé quatre jours ensemble. Je suis arrivée le jeudi soir, elle est venue me chercher à l’aéroport. Le vendredi on est allé au marché de Fremantle et le soir on a fait une visite de nuit d’une prison là-bas. Le fait qu’il faisait noir était très effrayant, et puis de voir et d’entendre un mannequin tomber au dessus de nos têtes au milieu de la prison, représentant un suicide de prisonnier, ajoutait du stress pour la poursuite de la visite… Les autres choses effrayantes n’étaient que des apparitions de comédiens jouant des rôles de prisonniers ou de fous. La prison n’a stoppé son activité qu’en 1991.

Un moulin miniature.. l'illusion est parfaite !


Echidna; a l'endroit et a l'envers





Mercredi 4 Février 2009 – Adélaïde

Comme j’étais toute excitée, je me suis réveillée le matin super tôt et plus moyen de me rendormir. Dommage, le backpacker était silencieux pour une fois ! La veille j’ai parlé une demi-heure avec un québécois qui parle anglais. Pfff… difficile de comprendre son accent ! Ce matin donc j’ai enfilé mon maillot de bain et je me suis rendue à la marina. Je suis montée à bord du bateau. J’ai du enfiler la combinaison intégrale… galère galère de rentrer tous ses membres là dedans ! Environ 12 personnes allaient comme moi, aller dans l’eau, et trois autres allaient observer les dauphins depuis le bateau. Le jeu était simple : on avançait en bateau, si l’équipage repérait des dauphins on s’approchait, « swimmers ready ? swimmers in » (nageurs prêt ? nageurs à l’eau !) Et là chacun de nous descendions dans l’eau et on s’accrochait à une ligne à l’arrière du bateau, et on se faisait traîner. Là l’équipage à bord nous prévenait quand un dauphin passait aux environs et on plongeait la tête sous l’eau avec masque et tuba pour observer la bête. C’était assez folklorique de courir à l’eau à l’arrivée d’un dauphin et de remonter à bord après son passage ! J’ai été un peu déçue par l’eau qui était bien plus trouble qu’à la Grande Barrière de Corail ; en même temps en commençant par si bien, on devient difficile ! Après j’ai bien aimé le concept de chercher des dauphins « sauvages », c’est-à-dire des dauphins qu’on n’appâte pas en les nourrissant. C’est leur curiosité qui les amène à s’approcher de nous. On dit que là où il y a des dauphins, il n’y a pas de requins. En tout cas, à chaque fois qu’on allait à l’eau, l’équipage lançait dans l’eau un émetteur d’impulsion électrique censé faire fuir les requins. J’ai pu voir quelques dauphins d’assez près. J’ai même fait du face à face à quelques mètres ! C’était sympa ! Je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient si gros (2,8m adulte) et je m’attendais à ce qu’il soit plus joueur, du genre à sauter dans tous les sens… Mais je pense que notre vision de flipper le dauphin est largement déformée par le petit et le grand écran. Mais l’expérience valait le coup d’œil ! L’après midi j’ai glandouillé sur la plage, j’ai dormi aussi pour compenser ce réveil matinal, et puis j’ai rangé mes affaires. Demain je prends m’avion pour Perth, en faisant escale à Melbourne.

Voila, ca y est, j'y suis. Je suis chez Elodie, ma meilleure amie avec qui on a passe trois ans en internat ensemble.

Mardi 3 Février 2009 – Kangaroo Island

Ce matin encore, il faisait tout gris, mais tout gris moche, alors qu’on annonçait toujours 38 degrés et soleil sur Adélaïde. J’ai donc décidé de quitter l’île. J’ai pris le premier ferry du matin, à 8h00. Ma nuit s’était bien passée. Hier j’ai eu le temps de voir trente minutes de Prison Break mais voilà que ma batterie a choisi un moment hypra critique pour s’éteindre, à savoir quand Michael Scofield en personne était en train de mourir ! Ses battements de cœur s’étaient arrêtés !! Vous vous rendez compte du drame ?? Bien sûr il ne pouvait pas mourir. N’empêche que le suspense était intense et éteindre le pc à ce moment n’était pas très fair play. Anyway…



Je n’avais guère le choix. Donc plus de batterie, au dodo. Cette nuit j’ai opté pour la couverture de survie comme couverture car ma serviette de bain était humide. Et bien j’aurais du y penser plus tôt ! Ca tient drôlement chaud ! C’est juste un peu bruyant. Pendant la nuit je me suis réveillée ; il y avait deux wallabies en train de discuter à côté de ma porte. Plus de batterie de portable, plus de batterie de PC, y’a pas, cette nuit il me faut un backpacker. J’ai donc cherché dès le début d’après-midi un endroit où me loger. Je me suis retrouvée à côté de la côte un petit peu au nord d’Adélaïde, non loin de l’aéroport. Un bon petit backpacker sympa. J’ai pu y faire une lessive, aller sur internet, puis j’ai traîné en ville. L’endroit, un peu plus huppé que le centre d’Adélaïde, est très agréable. Je suis à 5 minutes à pied de la plage. Comme j’ai un jour d’avance sur mon planning, je me suis inscrite à une activité peu commune : nager avec les dauphins. J’ai donc rendez-vous demain matin à 7h30 en petite tenue pour aller communiquer avec le meilleur ami de l’homme (et de la femme j’espère !). Je suis toute excitée ! Snorkeller avec les dauphins ça sounds good ! Je me suis renseignée sur le prix d’une carapace imperméable pour mon appareil photo, c’est quelque chose que j’aurais vraiment bien aimé avoir, et il faut compter entre 300 et 500 dollars ! Ca attendra ! Surtout que niveau argent, j’ai un peu de mal en ce moment car ma banque ne m’autorise qu’un certain montant de retrait en liquide à chaque fois, et lorsque je fais des grosses dépenses d’un coup, le compte en banque ne suit pas !

Lundi 2 Février 2009 – Kangaroo Island

Hier soir, en consultant le guide de Kangaroo Island, je suis tombée sur la page « que faire si vous êtes confronté à un feu de forêt ? ». Et là j’ai pris conscience du danger que représentait le feu pour un pauvre petit piéton comme moi au milieu d’une végétation aussi abondante… Je me suis imaginée au milieu des flammes de 10mètres de haut, allongée par terre en train de ramper pour trouver de l’oxygène… Bref je me suis un peu fait peur, mais comme il dise à la fin du fascicule, c’est souvent l’ignorance et la panique qui causent le plus de décès lors des incendies. J’ai tout de même bien dormi. Je n’ai fait aucun cauchemar et je crois même que c’était ma meilleure nuit dans la voiture car je ne me suis réveillée qu’une fois et je ne me suis levée qu’à 9h.


A 9h j’ai fait la marche de 5km des Waterfall. A l’entrée de celle-ci on doit s’essuyer les pieds avant et après la marche, pour éviter la propagation d’une espèce de plante nocive pour l’ensemble de la végétation. Durant cette marche j’ai croisé quelques timides wallabies seulement. D’ailleurs les kangourous qu’on croise le plus souvent sur l’île sont des wallabies, des demi-portions de kangourous. On devrait appeler l’île Wallaby Island. Les seuls grands kangourous que j’ai vus étaient réduits à l’état de bouillie au bord de la route. Donc arrivée au bout de la marche, j’étais censée voir des chutes d’eau bien sûr. Mais en hiver ! En été il n’y a point d’eau ici ! Donc c’était un petit peu une marche échec bien que j’aurais dû m’en douter. J’ai repris la voiture vers 10h. A peine avais-je fait une centaine de mètres, que j’ai vu des étranges nuages blancs… et d’autres biens gris… Ca y est. J’y suis. En plein bushfire. J’ai regardé au dessus de ma tête, le ciel était tout blanc. Que faire ? Où aller ? Attendre ? Je me suis arrêté à un complexe sportif pour demander conseils. Personne. Devais-je rester sur cette aire dégagée à côté du terrain de handball ? J’ai commencé à paniquer un peu. Puis j’ai vu un bout de ciel bleu. Ne voyant de flammes nulle part, je me suis lancée sur les routes de gravier en direction du ciel bleu et de la côte en l’occurrence. Ma Hyundai Getz s’est transformée en vrai quatre-quatre. Je me suis dit, si le ciel est bleu, c’est que le vent n’a pas poussé les nuages dans cette direction, et donc que ce ne serait pas le chemin logique de propagation du feu. Je suis arrivée à une plage, et à côté de l’eau où je pourrais me jeter pour sauver ma peau ! Je n’ai pas vraiment profité du sable et de la plage, j’étais un tantinet stressée. Finalement du haut d’une colline, j’ai pu me rendre compte que les nuages s’arrêtaient et ne venaient pas jusqu’à moi.


Je me suis donc relaxée et je me suis rendue sur une autre plage. On l’indique comme étant une plage de sable blanc tout fin. La seule chose qu’on voit en arrivant, des énormes cailloux… La plage est indiquée par un panneau qui t’entraîne sous des énormes rochers. Tu dois te faufiler entre plusieurs de ses gros rochers qui forment des cavernes, te baisser, enjamber, avant d’apercevoir enfin la plage de sable fin. Original ! Il ne faut pas être claustrophobe et cette entrée exigüe a du en faire fuir plus d’un ! Finalement en fin de journée, les gros nuages effrayants étaient toujours là. Je me suis renseignée. Pas de départ de feu déclaré. Il y a eu cependant un feu la semaine dernière sur la côte Nord et il est possible que l’endroit soit encore enfumé. Ces gros nuages devaient donc seulement être des nuages de mauvais temps mais cela m’avait choqué car pendant ma ballade matinale il faisait grand beau et ces nuages créaient une séparation nette avec le ciel bleu. Ils m’auront fait une belle frayeur !


Restons cependant vigilant, les annonces radios concernant les bushfires et ses dangers se multiplient. Il paraît que l’Australie n’a pas connu telle canicule depuis 100 ans ! Beaucoup de personnes, âgées surtout, sont mortes ; le réseau d’électricité claque sous la chaleur… Bref, la chaleur sévit durement en ce moment. Moi ça va. J’utilise de la crème solaire et je m’hydrate. Seul mon bras droit, exposé à la lumière quasiment constamment lorsque je conduis, se trouve rôti à l’heure qu’il est. Ma cuisse droite est épargnée car je la protège avec une serviette de bain lorsque je conduis. Bon y’a pas, je crois que je suis bronzée quand même. Ah oui, une dernière chose. Je suis sur une aire de camping là, et quand je mangeais tout à l’heure, j’ai aperçu les jambes d’un mec derrière les buissons, marchant tout doucement, et j’ai vu également… le bout d’un fusil !! Genre le mec chassait dans le camping ! Je ne voulais pas me faire tirer comme un lapin, je flippais ! Le mec, tête rasée, aurait incarné un parfait snipper dans une série télévisée… Mais bon, je crois que je regarde trop de Prison Break. Après une dizaine de minutes, j’ai revu l’homme et son arme… un appareil photo avec un objectif gigantesque. Ahlala… pauvre de moi ! Au moins je me fais rire toute seule !

Dimanche 1 Février 2009 – Kangaroo Island

J’ai rejoint le Flinders Chase National Park, à l’extrémité Ouest de l’île. Beaucoup de marches sont fermées actuellement à cause du bushfire qui a sévit sur l’île en décembre 2007. En effet, la végétation a pris chère et les facilités pour touristes également. Le ranger m’a conseillé une marche de 4km, le Snake Lagoon. Je l’ai donc rejoint en voiture.




Depuis la route, j’ai vu au loin deux grands animaux qui se déplaçaient sur quatre pattes. Plus tard je signalerai ces animaux au ranger qui a remplit une fiche avec mon témoignage car ces animaux, certainement des « wild pigs », c’est-à-dire des sangliers, n’avaient rien à faire à cet endroit du parc. J’ai donc marché le long du Snake Lagoon. Le chemin étroit au début, puis sur des énormes rochers plats, était en effet propice aux serpents ou autres créatures rampantes. J’étais en stress pendant tout le chemin ; je scrutais à droite et à gauche du chemin en permanence pour voir si un animal ne s’apprêtait pas à traverser. Sauf que, finalement, c’est en plein milieu du chemin que j’ai rencontré quelqu’un. J’étais perdue dans mes pensées quand tout à coup j’ai vu quelque chose bouger devant moi, mais vraiment juste devant mes pieds, à deux orteils de là ! J’ai failli l’écraser ! Malgré moi, un petit (pas si petit que ça) cri de surprise est sorti de mes entrailles et mon cœur a battu fort. Et oui, c’était lui, encore une fois, un goanna. J’en ai voulu, en voilà ! Ce plouc était en plein milieu de l’étroit chemin, et il semblait y être bien. En tout cas, il n’a pas voulu bouger ! Il ne bougeait que la tête pour surveiller mes mouvements. Mais j’ai du prendre un autre chemin pour le contourner car il n’avait pas l’intention de s’en aller. Voilà maintenant il ne me manque plus que des photos de platypus et de chameaux et j’aurai à peu près vu toutes les curiosités animalesque de l’Australie. Au bout du chemin, la mer, déchaînée, et impressionnante. J’ai également vu un crâne d’animal, et après l’avoir montré au ranger, il m’a dit qu’il s’agissait probablement d’une chèvre sauvage… On aura tout vu ! J’ai pu voir pas mal de traces d’animaux dans le sables et cela était intéressant. Puis j’ai roulé plus au Sud pour voir les Remarkable Rocks. En effet, elles sont remarquables ! Des rochers explosés en haut d’un autre énorme rocher, le tout recouvert d’un lichen orange qui leur donne très belle allure. Un peu plus loin, à Admirals Arch, il y a une colonie de phoques, venues de Nouvelle-Zélande. Ensuite je suis allée dans un camping pour me payer une bonne douche chaude, car j’avais les jambes noires, ce n’était plus possible ! Devant moi à l’accueil, des français bien sûr… Ca m’a fait plaisir, ils m’ont demandé si j’étais une Australienne qui parlait français ! Ensuite j’ai voulu fuir le temps très moyen qu’il fait dans le Sud Ouest de l’île, et m’évader vers le Nord Ouest. Je vais passer la nuit ici, au départ de la Waterfall Creek Hike.



Samedi 31 Janvier 2009 – Kangaroo Island

Ce matin, sur le pare–brise de ma voiture, j’avais un petit mot de Richard avec son numéro de téléphone portable et un écriteau « for the brave french who may need a friend » (pour la brave bête qui pourrait avoir besoin d’un ami). Non mais comme si j’avais besoin de quelqu’un moi ? J’ai besoin de personne ! C’est bizarre pourtant, quand on s’est parlé hier, je n’étais pas en situation qui pouvait faire pitié, genre en train de manger des pâtes chinoises cuites à l’eau froide par exemple. Enfin bref. N’ayant pas l’intention de continuer ma route accompagnée de deux inconnus, j’ai repris la route seule. Sur Kangaroo Island, il y a deux routes principales goudronnées, et le reste n’est que chemins en gravier. C’est donc au pas que j’ai rejoint la Honey Farm et la Emu Ridge Eucalyptus Distillery. Dans la première on y fait du miel bien sûr, mais aussi des bougies, des bonbons, des produits de beauté… Dans la seconde, j’ai visité les lieux et ils expliquaient comment ils fabriquaient l’huile d’eucalyptus.


Puis je suis passée devant un hippodrome. Là bas se déroulera en février un des événements majeurs de l’île, la Carnaval Cup, une course de chevaux a priori populaire. Ensuite j’ai rejoint la « grande ville » de l’île. Il y a trois entreprises qui se battent en duel, un supermarché et une pompe à essence en gros. Après cela, je suis descendue un petit peu sans le savoir, dans le Sud de l’île. Sur la route, je l’ai vu. Oui, un goanna rien que pour moi. Merci mère nature ! Le goanna est un petit lézard qui mesure entre 1 et 1,5m de long, et qui est considéré comme le plus gros prédateur sur l’île. J’ai rejoint Seal Bay. Là bas, une colonie de Lion de Mer y a élu domicile. Environ une centaine sur la plage. Tous en train de lézarder. Bande de feignants ! Mais c’est quand même super mignon ces bestioles, très attachantes. Les Lions de Mer se reposent trois jours sur la plage, puis partent chasser trois jours, et ainsi de suite tout au long de leur vie. Bien entendu, l’accès à la plage est réglementé. Ensuite en reprenant la route, j’ai eu le malheur de voir un Échidna sur le dos. Et tout frais en plus, tant et si bien qu’il avait encore du sang qui gouttait de son tout petit bout du nez. Le pauvre. Ceci dit cela m’a permis de mesurer la taille de ses petites pattes et de ses grosses griffes ! Le hérisson se trouve un peu partout dans le monde, mais pas en Australie. Cependant l’Échidna, qui lui ressemble beaucoup, n’appartient pas à la même famille d’animaux. Me revoilà donc sur la route pour rejoindre ce qui s’appelle le « Little Sahara », comprenez le petit Sahara. Je suis donc allée voir ça mais avant j’ai du m’octroyer une petite sieste réparatrice car mon corps a un peu de mal à suivre le rythme et le régime.


Au réveil, vers 5h du soir, j’ai donc rejoint pieds nus, le désert… La Dune du Pilat, là, ici. Génial ! Des grandes dunes de sables blancs très fin. Des dunes très pentues et difficiles à grimper. Des dunes dont le sable des sommets, porté par le vent, vient nous fouetter violemment comme pour nous faire fuir. Des dunes avec moi et que moi dessus ! Personne. J’ai bien sûr grimpé au dessus de la première dune, pour voir ce qu’il y avait après… et là, j’en ai eu le souffle coupé, du sable à perte de vue, et des autres grosses dunes… Je m’attendais à voir la mer, mais non. J’ai continué comme ça, j’ai grimpé trois énormes dunes et traversé quelques morceaux de plaines. Mais n’ayant pas voulu m’éloigner trop de mon point de départ pour des raisons de sécurité, je suis retournée sur mes pas. J’ai joué à faire des avalanches de sables, comme dans mon enfance à la Dune du Pilat. J’ai couru dans les descentes, et je me suis vautrée dans les dunes lorsque j’étais fatiguée à la montée. Sentiment d’être seule au monde. Perdue au milieu de nulle part, terrassée par la fatigue et écrasée par la chaleur. C’était vraiment sympa. Et ce désir, de toujours grimper la dune suivante pour savoir ce qu’il y a derrière. Vraiment bien. J’ai mangé pour ce soir ; il ne fait pas encore nuit que je vais tout de même me « mettre au lit ». Journée très bien remplie.


Vendredi 30 Janvier 2009 – Adélaide

Ouf, il était temps qu’on me fasse remarquer qu’on était en Janvier ! A deux jours de la fin du mois ! La nuit au backpacker fut interrompue à plusieurs reprises ; quand une nana est arrivée dans la chambre pour s’installer vers minuit, et quand les deux autres nanas se sont préparées à partir le matin à 4h30… elles n’ont pas idée ! Donc bon, toujours pas de nuit complète… Après avoir envoyé mon rapport de stage par mail, j’ai quitté le backpacker et je me suis rendue à l’agence de location de voitures, Thrifty comme d’hab. Je l’avais réservé à plusieurs reprises mais je ne l’avais pas encore obtenue, j’avais toujours eu le droit à la catégorie supérieure, mais la voilà, enfin, la Hyundai Getz ! Une pauvre petite bagnole ! Heureusement, elle ne cale pas facilement ! Je me suis élancée dans les rues d’Adélaïde, essayant de lire le plan en même temps que de conduire. Les gens sont citadins, et peu patients dans la ville… Une fois que j’eu aperçu la mer sur ma droite, je l’ai suivi, je savais que j’allais vers le Sud. Direction Kangaroo Island pour avoir des renseignements.
En route je me suis arrêtée mangé un breakfast McDo. Puis j’ai fait des courses de survie. Et j’ai cherché absolument à avoir un thermomètre cette fois. Et bien je me suis bien amusée ! J’ai passé mon après midi à m’extasier devant son écran. En fait, au départ, j’avais acheté un thermomètre de campeur, version porte clefs. Je l’ai posé sur mon tableau de bord le temps que je sorte du parking du magasin. Je l’ai repris, d’abord je me suis brulé sur la partie en fer, et puis ensuite il ne m’indiquait pas la température car elle dépassait 50… Donc j’en ai racheté un autre… Entre 40 et 43 en permanence dans la voiture, vitres ouvertes et en roulant, et 83 degrés sur le tableau de bord !! Je trouvais bien que le volant était un petit peu chaud… Dingue !! Crazy ! Après cet émerveillement, j’ai eu mes informations sur le ferry qui mène à Kangourou Island. Il parait que l’île vaut vraiment le coup, mais le ferry est cher…
J’ai pris la décision d’y aller, mais d’y rester tout le temps que j’avais prévu sur Adélaïde pour rentabiliser. Il parait que la faune est très présente, et cela m’intéresse beaucoup. Aurais-je la chance de voir un goanna ? En tout cas, j’ai embarqué sur un ferry dans la soirée, pour un trajet de 45 minutes. Il y avait des vieux hommes du bush qui nous faisaient embarquer, et il y en avait des jeunes, qui regardaient et qui se moquaient des femmes qui n’arrivaient pas à se garer en marche arrière sur le ferry. Pas moi voyons ! Non, too easy ! Mais la femme qui s’est garée à côté de moi, pour qui le mec qui aidait à parquer a du lui tourner le volant ! Ah les femmes au volant… ! Bref. Nous voilà sur l’île. J’étais bien crevée en arrivant, un breaky et des tomates seulement dans le ventre. Je me suis posée sur la première plage que j’ai trouvée. Je me suis baignée pour me refroidir et j’ai fait le lézard sur la plage en somnolant. Après cela j’ai rejoint une aire de camping, mangé des pates chinoises cuites à l’eau froide et je me suis préparée au dodo. Un homme et son fils sont allés pécher juste avant la tombée de la nuit. Le père est venu jusqu’à ma voiture, et a tenu à ce qu’on parle. Ils allaient dormir sur la plage, il me demandait d’où venait le vent… Qu’est ce que j’en sais moi. Et puis après il m’a demandé d’où je venais, et patati et patata, il m’a présenté à son fils... Bref. Il voulait clairement me caser avec son fils. Enfin. Quoi d’autre ? Et bien avec une telle chaleur, on a vraiment envie de boire tout le temps. Un coup je suis rentrée dans ma voiture qui était restée cinq minutes au soleil, à l’arrêt et je n’ai pas ouvert les fenêtres de suite pour pouvoir photographier le thermomètre… En trente seconde je me suis transformée en flaque d’eau. Des gouttelettes apparaissaient à la base de chacun de mes poils. Dingue. Logiquement j’aurais pu faire cuire un œuf sur mon tableau de bord mais je ne sais pas si les tâches dues à la cuisson d’œuf sur le tableau de bord sont comprises dans l’assurance de la voiture…