
Mercredi 18 Février 2009 – Canberra – J-1
Donc il est temps de refermer ce livre. Ce que je peux dire, c’est que j’en aurai beaucoup, beaucoup, fait en Australie. Et j’aurai beaucoup appris également ; grandi en quelque sorte. Après être partie toute seule pour 6 mois et demie à 20 000 km de mon domicile, réalisé un stage en conception mécanique à l’Université de New South Wales à Canberra, vécu dans une famille australienne comme « au pair », m’être occupée de deux enfants de 4 et 7 ans, après avoir pris l’avion toute seule 18 fois, conduit à gauche sur une distance d’environ 10 000 km, loué au moins 5 voitures, visité tous les états d’Australie, avoir vu des milliers de kangourous, une vingtaine de koalas, des émus, des wombats, des échidnas, des goannas, la Grande Barrière de Corail, la Great Ocean Road, Uluru, les Olgas, le Ningaloo Park, nagé dans une eau infestée de crocodiles, fait une initiation à la plongée pendant laquelle j’ai vu un requin, nagé avec les dauphins, nagé avec une tortue, écrasé des dizaines de grenouilles et au moins deux lézards, assommé deux oiseaux, … l’histoire se termine.
Mardi 17 Février 2009 – Canberra – J-2
Dimanche 15 Février 2009 – Western Australia
Jeudi 12 Février 2009 – Western Australia
Quoique j’en ai vu un plus très frais au bord de la route également. J’ai aussi vu deux chevaux ; immédiatement je me suis dit qu’ils s’étaient échappés du centre équestre d’Exmouth à 60km de là… et puis finalement, après réflexion, il existe des chevaux sauvages en Australie. Peut–être étaient-ils de ceux là ? La nuit précédente avait été assez dure car les coups de soleil aux fesses, ce n’est pas terrible pour dormir dans une voiture… Ce matin dès le centre à touristes ouvert, je suis allée me procurer de l’après-soleil pour calmer le feu. Ce soir je peux m’asseoir sans faire la grimace, mais je suis toujours bien rouge ! Je suis dans un backpacker à Exmouth. J’ai ainsi pu prendre une bonne doudouche ! On devrait tous faire un jeûne de quatre jours de douche avec 40 degrés dehors ; ça nous apprend à savourer le privilège d’une bonne douche. Dans le parc naturel il n'y a aucune douche soit disant à cause des restrictions d’eau. Bref. Ca faisait du bien, même si j’ai du me sécher avec une serviette salée et si j’étais aussi trempée avant qu’après la douche. Dans le backpacker j’ai pu utiliser internet (dingue ! Quand on sait que le téléphone mobile ne passe pas !). J’ai rencontré quatre français en vadrouille. Ca faisait longtemps ; dans le Western Australia c’est beaucoup moins touristique. C’est ça qui est génial là où je baigne : il y a juste assez de monde pour alerter les secours si j’ai un problème. Mais en gros on est rarement plus de quinze sur une plage, et dix dans l’eau à un spot de snorkelling. Donc c’est génial ! Aujourd’hui j’ai du nager en tout 3h. Mais cette fois je suis allée dans l’eau avec T-shirt de protection, crème solaire dans le coup, et jupe ! Vu les dégâts de mon fessiers, j’ai préféré avoir l’air un tout petit peu plus ridicule mais profiter de la journée. Hier soir j’étais sur une plage pour le couché du soleil. J’étais seule. J’ai vu un gros coquillage, appartenant à Bernard, l’hermite, que j’ai d’ailleurs rencontré lors d’une de mes sorties en mer. Je voulais le bouger. Et puis je me suis dit « Non ! C’est peut-être la maison d’un autre animal maintenant ! ». Et puis une demi-heure plus tard, la fille de la famille « Je suis bronzé(e)» l’a ramassé sans aucun scrupule. Snif.
Fait intéressant que j’ai pu remarquer dans l’eau : on entend très distinctement des craquements qui correspondent… à chaque « croc » que les poissons prélèvent sur les coraux ! Chaque bouchée de coraux croustille sous la bouche du poisson ! Et puis c’est dingue qu’ils soient si différents tous ces poissons ! Il y en a des petits, des gros, des colorés, des tout blancs, des moches et des beaux ! Des tout fins, des qui font peur et des qu’on a envie de toucher. J’adore ! Je suis presque incollable sur les poissons maintenant ! Note personnelle à Ben : les trucs en forme d’énormes patates noires dans l’eau à Cairns, ce sont en fait des « concombres de mer » ; des organismes qui bougent très lentement et qui mangent du sable (pour ta culture !). J’aime assez les raies également, car elles sont majestueuses lorsqu’elles se déplacent dans l’eau. Pas de tortue aujourd’hui. Et puis ce matin on annonce la deuxième attaque de requin dans le port de Sydney en deux jours.
Mercredi 11 Février 2009 – Western Australia
Mardi 10 Février 2009 – Western Australia
La nuit fut longue. Je n’ai pas réussi à m’endormir avant le jour suivant. Il faisait chaud, très chaud. Et la lune était pleine, si pleine que lorsque j’ai mangé une tomate-passe-le-temps avec du sel vers les 11h du soir, je me suis rendue compte que je pouvais lire sans aucune difficulté toutes les indications inscrites sur la salière. On y voyait comme s’il faisait jour ! Et puis il y avait beaucoup de passages sur cette petite route. Des camions surtout. Des grands camions, qu’on appelle « road-train ». Toute la nuit, à toute allure, il défilait un à un rejoignant certainement la ville de Perth plus au Sud. Trempée de sueur, j’ai décidé de tourner la voiture de façon à ce que le vent pénètre dans la voiture et fasse descendre le mercure. Puis le sommeil m’a rattrapé.
Le lendemain j’ai roulé. 560km entre Karratha et Exmouth tout de même. La route est sujette aux inondations tout le long. Sauf que contrairement au Centre Rouge qu’on avait visité en Décembre, ici il y a de l’eau. Et une partie de la route était sous les eaux. Heureusement, juste quelques mètres de route sous une dizaine de centimètres d’eau. J’ai transformé la Hyundai Getz en quatre-quatre et j’ai vaillamment traversé le fleuve. N’empêche qu’il ne faudrait pas plus d’eau que ça au retour, sinon je vais me retrouver bloquée. Et ici, il n’y a qu’une route. Au moins pour les itinéraires, ce n’est pas trop compliqué ! Le reste de ma route s’est bien passée, mise à part une portion d’environ 150km. En effet, je ne pense pas exagérer en disant qu’il devait y avoir un lézard sur la route tous les kilomètres. En général de couleur rouge, environ 10cm de long, au milieu de la route et redressé sur ses pattes avant. Et il ne se taillait pas quand une voiture arrivait ! Alors éviter environ 150 lézards c’est très fatiguant et plutôt dangereux.
Bien entendu il y a eu des ratés. Je pense avoir écrasé deux lézards et dégommé un oiseau. Argh… cette sensation horrible quand on suppose que nos roues passent sur la pauvre petite bête stupide. J’en avais la chair de poule. Mais les deux lézards que j’ai écrasés étaient suicidaires ; ils se sont engagés sur la voie au moment où j’arrivais. Le premier lézard que j’ai écrasé était un rouge comme j’en ai vu énormément se dorer les écailles au soleil, et le second était un lézard qui marchait debout sur ses pattes arrières. Les deux espèces avaient la faculté de courir extrêmement vite ; dommage qu’ils ne l’aient pas plus utilisée. M’enfin bref.
Dans la série animaux, j’ai vu de très belles vaches et des émus à l’état sauvage. Des émus on en rencontre aussi en plein dans Exmouth, ce qui en fait la fierté de la ville. Je loupe la saison des requins-baleines dans le Ningaloo Park, mais je suis là pour les tortues. J’en ai vu pas mal quand il faisait jour, et ce soir je me suis improvisée observatrice de tortues à la tombée de la nuit, ce qui était très plaisant. Les tortues sortent à la tombée de la nuit, traversent la plage, et vont creuser des gros nids sur les dunes. Ces tortues mesurent bien un mètre de long. C’est trop marrant quand elles arrivent sur la plage. A chaque retrait d’une vague tu peux espérer voir une carapace échouée dans le sable. Puis, si l’eau ne récupère pas ce qu’elle a déposé, de la carapace sort une petite tête. Et puis la lutte commence. Ces pauvres animaux semblent devoir fournir une grande quantité d’énergie pour se traîner dans le sable jusqu’aux dunes. Heureusement que l’homme ne chasse pas la tortue ici, ce serait vraiment trop facile d’en attraper une embourbée dans le sable ! Ce soir comme hier, un orage très localisé se déroule plus loin. Il se passe dans un amas de nuages à un endroit bien précis. D’ici je peux observer le nuage et ses éclairs, mais je n’ai que l’image, et pas de son. Cela me convient plutôt bien.