Mardi 14 et Mercredi 15 Octobre 2008 – Dans le Queensland

all
On est mercredi soir. J’ai passé deux journées vraiment extraordinaires. Tout commence lundi soir, quand on mange à table avec Georgianna et Justine, une collègue de travail à elle qui, devant aller à une conférence le lendemain près de Cairns avait besoin d’être logée. Au cours du repas, Justine apprend que j’ai décidé de rejoindre Cape Tribulation le lendemain, grâce à la voiture de Georgianna qu’elle m’a très gentiment proposé d’utiliser (lucky me again !). Comme Justine dormait à la maison, Georgianna m’a même proposé d’utiliser la voiture pendant deux jours, et elle se ferait emmener par Justine. Mais ce n’est pas tout ! Comble d’un bol monstrueux, Justine me dit que son ex-mari vit près de Cape Tribulation et qu’il pourrait nous héberger ! Bon ben, y’a pas… la chance me sourit en Australie ! Donc c’est avec la voiture de Georgianna (un 4x4) et un ami français que nous sommes partis direction Cape Tribulation, à 160km au Nord de Cairns. (On a perdu un peu de temps avant de décoller car en faisant les courses pour le pique-nique on a croisé un ex-pâtissier de nationalité française qui a tenu absolument à nous raconter sa vie dans le détail trois ou quatre fois…). Bref. Mardi il a plu, mais toute la journée, et genre de la vraie pluie ! On était trempé de chez trempé du lever au coucher. Mais comme il fait chaud, le seul problème que pose la pluie est le fait de sentir le chien mouillé à longueur de journée !
Les autres collègues sont à ce moment tous sur la Grande Barrière de Corail où ils vont passer une nuit. Ayant peur d’être malade sur le bateau, je n’ai pas suivi le mouvement et ai réservé sur un bateau pour jeudi, car en plus il annonce le beau temps. Sur la route allée, on n’a fait que de s’arrêter pour voir les points de vue et les plages. On est retourné aux Mossman gorge que Ben n’avait pas vue, on a fait Rex Lookout, Palm cove plage… puis on a du prendre un ferry à câble, seul moyen de traverser la Daintree River. Arrivés près de Cape tribulation, il nous fallait repérer la maison de Pat, l’ex-mari de Justine. J’avais été prévenue, la maison est… très simple. Il vit un petit peu en hermite, détaché du monde matérialiste. Sa maison n’est pas visible depuis le chemin. Un bidon servant de boîte aux lettres indique l’entrée. Enfin, l’entrée pour accéder au garage. Caché au milieu des arbres, qui longent une pelouse bien entretenue (avec des bananiers !) se trouve un petit chemin étroit fait de galets qui s’avance au milieu de la forêt dense. L’homme de la maison, la soixantaine parle très peu. Il vit bien sûr en short et torse nu. Il nous a montré le chemin, et puis il est reparti à ses activités. « Bon vous avez ça là, voilà une torche. Vous partez quand vous voulez. Cho ! ». Son style d’accueil allait très bien avec l’image d’hermite qu’il véhiculait. Bien qu’au milieu de la forêt dense, cette propriété est un petit coin de paradis! En suivant le chemin, la première chose que l’on voit est la chambre d’ami. Surélevée d’un mètre du sol, un abri sans porte protège deux lits, une étagère, deux tables, le tout, bien évidemment fait main ! Très astucieuce, l’étagère est taillée dans un tronc coupé en deux, une des tables possède une vitre incrustée dans le bois, et l’autre table un damier gravé sur le dessus. C’est magnifique. Un peu plus loin sur le chemin, sa maison. Très simple elle aussi, et entièrement fait main. Le must, la salle de bain. Si tu veux te laver les dents, direction l’extérieur. Accroché à un arbre, un énorme coquillage fait office d’évier. A côté, une baignoire vous tend les bras, avec un tapis de sol constitué d’une corde de bateau enroulée en forme d’escargot. En face, contre un autre arbre, la douche. L’eau, froide, provient d’un récupérateur d’eau de pluie. Bien sûr les toilettes se situent non loin de la « salle de bain » peu commune, et donc à l’extérieur de la maison. Mais les surprises de cette maison ne s’arrêtent pas là. Nous avons fait la rencontre de Robert. Robert mesure environ 1.60m. Il est très impressionnant. Il a de grandes jambes, des pieds absolument monstrueux, un bec, une tête bleue et rouge et un pelage d’autruche. Robert vit dans la propriété. C’est un Cassowary. Un énorme oiseau qui ressemble à une autruche croisée avec un poulet et élevée au grain pour devenir gigantesque ! Sur la route pour venir, beaucoup de panneaux signalent leur présence ; mais grâce à Pat, et donc à Justine, et donc à Georgianna, et donc à mon tuteur… l’opportunité nous était donnée d’en voir un de très près.
Celui-là n’est pas agressif, mais il y a déjà eu un cas de décès à cause de cette espèce d’animal qui avait éventré un humain qui ne lui avait pas donné de nourriture. J’avais un peu peur qu’il rentre dans l’abri pendant la nuit, mais a priori il dort la nuit, selon les (rares) dires de Pat. Cela n’empêche que j’ai cru l’entendre roder autour de la cabane plus d’une fois ! Mais vu qu’il a plu tout le temps, la forêt était très bruyante et il était difficile de ne pas se faire d’idées !
Après avoir repéré les lieux, nous avons rejoint la plage la plus proche, située sur une ligne droite depuis la maison de Pat, à environ un kilomètre. Il pleuvait toujours, mais on n’a pas pu résister à une petite baignade. Trempés jusqu’aux os de toute façon, on s’est baigné tout habillé, dans un océan agité, sous la pluie, avec une vue sur une plage désertée par les touristes, une forêt balayée par le vent et fouettée par la pluie, et un ciel gris…
Seuls au monde dans un décor d’apocalypse paradisiaque, l’instant était magique. J’ai couru comme une folle sous la pluie en jouant avec les vagues qui s’échouaient sur le rivage.
Les couleurs étaient sublimes. Le vert éclatant de la forêt contrastait avec le reste du paysage. Sur cette plage, il n’y avait pas de panneau sur les crocodiles (ce qui est extrêmement rare d’ailleurs !). Cependant il y en avait un concernant les méduses. La saison des méduses commence en Octobre. Par chance nous n’avons pas fait de mauvaises rencontres sur cette plage, la Myall Beach. Une bouteille de vinaigre était à disposition pour les touristes en cas de brûlures de méduses, qui peuvent être mortelles.
Concernant les crocodiles, sur la Une du journal paru le jour même, « restes humains identifiés dans un crocodile ». Cette baignade terminée, la nuit commençait à tomber, nous sommes retournés chez Pat pour prendre une douche avant qu’on ne puisse plus rien y voir (pas d’électricité évidemment !). Là c’était magique ! La forêt enchantée ! Il y avait des dizaines de lucioles qui dansaient autour de nous et qui volaient à travers les arbres. C’était vraiment incroyable ! Pour ajouter encore un peu plus de magie à cette forêt, on a découvert un arbre qui était recouvert d’un parasite phosphorescent ! Une sorte de lichen. Dingue ! Imaginez-vous en train de prendre une douche, froide, dehors, au milieu de la forêt tropicale, sous la pluie, en étant entouré de lucioles et avec des arbres phosphorescents, et tout cela en sachant qu’un oiseau trois fois plus gros qu’une autruche vit à deux pas de vous ! … et vous pourrez comprendre un dixième de ce que j’ai pu ressentir à cet instant.
La nuit s’est bien passée, le réveil était ensoleillé. En effet le lendemain était tout à fait différent de la veille au niveau de la météo.
Mercredi il a fait très beau. On est retourné à la Myall Beach. Toujours aussi belle ! Puis nous avons fait la Cape Tribulation beach. Encore plus belle ! La plage est délimitée par deux grosses montagnes de verdures qui s’avancent dans la mer. Cette plage est vraiment magnifique. Mais bon, il est difficile de dire qu’une plage est plus belle qu’une autre.
Nous avons pique-niqué sur l’une d’entre elles. Nous avons fait un crochet au village arrêté dans le temps de Daintree, le Daintree village. Avant cela nous avons fait une croisière sur la Daintree River (20 dollars). Vraiment bien ! On était à la recherche de « crocodiles sauvages ». On en a vu deux, un gros et un bébé croco, ce qui est pas mal puisque pour les voir on ne leur lançait pas de nourriture. On a vu de jolis oiseaux bleus, des grenouilles bien vertes, des crabes, de magnifiques papillons bleus, et des serpents d’arbres. Très sympa. Encore une bonne journée. Demain, sortie sur la Grande Barrière de Corail.

(waouh je viens de lire sur Wiki que le Cassowary est considere comme l'oiseau le plus dangereux du monde!!)

4 commentaires:

Luc - Akoulis a dit…

Trop cool !!! J´aurais aimé voir cette arbre et tout le reste.

Pilou a dit…

Clair ça avait l'air terrible. Quand je pense que pendant que toi tu te baigne tranquillement sous la pluie nous on galère sous la neige ^^!

la vigie a dit…

Là, çà devient carrément lyrique et nous, nous passons au vert fluo d'envie de vivre tout cela à ta place ! Lucky Jenny !

la vigie a dit…

On a quand même du mal à imaginer Matrix dans la jungle de Cap Tribulation ....