It's time to go ...


Mercredi 18 Février 2009 – Canberra – J-1

Aujourd’hui j’ai passé la journée avec la nouvelle au pair, Lucy. Elle est très gentille et bavarde. On a fait un petit peu de shopping, on a mangé en ville, et je lui ai montré certains endroits qu’elle se devait de connaître, comme le centre à touristes par exemple. Le soir on est allé au restaurant avec toute la famille. C’était très sympa ! C’était un dîner d’adieux. J’ai offert un poster avec des photos de ses enfants à Helen ; elle avait l’air enchantée ! Et puis moi j’ai été gâté ; j’ai reçu un joli petit sac rose, un livre, et je vais recevoir un DVD qui n’est pas encore arrivé ! Very kind, isn’t it ? Voila, voila. J’ai posté un colis de près de 10kg en direction de la France que je recevrai d’ici deux mois. Je n’ai plus de dollars en poche. Ma valise est presque bouclée. Je suis prête à partir. Je vais vous épargner le voyage retour, même si il y aura certainement mille et une choses passionnantes à vous raconter !

Donc il est temps de refermer ce livre. Ce que je peux dire, c’est que j’en aurai beaucoup, beaucoup, fait en Australie. Et j’aurai beaucoup appris également ; grandi en quelque sorte. Après être partie toute seule pour 6 mois et demie à 20 000 km de mon domicile, réalisé un stage en conception mécanique à l’Université de New South Wales à Canberra, vécu dans une famille australienne comme « au pair », m’être occupée de deux enfants de 4 et 7 ans, après avoir pris l’avion toute seule 18 fois, conduit à gauche sur une distance d’environ 10 000 km, loué au moins 5 voitures, visité tous les états d’Australie, avoir vu des milliers de kangourous, une vingtaine de koalas, des émus, des wombats, des échidnas, des goannas, la Grande Barrière de Corail, la Great Ocean Road, Uluru, les Olgas, le Ningaloo Park, nagé dans une eau infestée de crocodiles, fait une initiation à la plongée pendant laquelle j’ai vu un requin, nagé avec les dauphins, nagé avec une tortue, écrasé des dizaines de grenouilles et au moins deux lézards, assommé deux oiseaux, … l’histoire se termine.
Forcément elle laissera des séquelles. J’ai vécu beaucoup plus qu’une expérience professionnelle. Et je voudrais remercier encore un fois mes parents de m’avoir aidé à partir. Ici s’arrête les histoires de mère-castor. Merci de les avoir suivies !

Mardi 17 Février 2009 – Canberra – J-2

J’ai passé la journée de Lundi en compagnie d’Elodie. On a traîné dans les magasins comme des filles… ;o) J’ai acheté un pull ; au moins je pourrai l’utiliser dès mon retour ! C’est affreux, dans les news on parle de deux kangourous retrouvés décapités et vidés de leurs entrailles… On n’a pas le droit de s’en prendre aux kangourous !!! Rejoignez dès à présent le front de sauvegarde des kangourous à poil mou et doux ! Et puis sinon vous avez surement entendu l’histoire du gamin de 13 ans, fraîchement papa depuis une semaine… n’importe quoi ! Et sa sœur avait eu un gamin au même âge également… Bref… ça craint ! Niveau news également : le feu continue de bruler dans le Victoria, pendant que 62 pourcent du Queensland est sous les eaux. En ce qui me concerne, j’avais un avion à prendre à 00h45. En arrivant, j’ai vu sur le tableau d’affichage que tous les vols en direction de Karratha étaient annulés… J’ai eu de la chance ! Je suppose que c’était à cause des mauvaises conditions météorologiques que tous ces vols ont été annulés. Je trouve que je m’en sors un peu trop bien avec aucun avion annulé et aucun bagage de perdu. Ca peut encore venir… Et pour le quatrième vol consécutif, je n’avais personne à côté de moi, ce qui signifie que j’avais un ou deux sièges de libres à côté de moi pour m’étendre. Pour le retour Perth-Sydney, je me suis carrément allongée ; j’ai bien dormi ! Si seulement je pouvais avoir autant de place pour un vol de 10h pour mon retour en France ! Oui car le décompte est bientôt over ! Je prends l’avion après demain à 14h en direction de Sydney, puis de Singapore je crois, et puis Paris je suis sure.

Dimanche 15 Février 2009 – Western Australia

Oui je sais, il manque quelques jours… Vendredi j’ai snorkellé et j’ai fait une ballade de deux heures. C’est assez marrant car il était quatre heure de l’après-midi, il faisait hypra-chaud, j’étais trempée, et je me disais « mais pourquoi tu te fais du mal comme ça ? Personne ne t’oblige à faire ça ?! ». Mais bon… c’est comme les mecs qui font des marathons et qui courent pendant 42km en puisant dans leurs ressources jusqu’à tomber de fatigue… L’être humain est étrange.
On annonçait des pluies pour le samedi après-midi et dimanche. Par précaution, et parce que je flippais de ne pouvoir rentrer à temps, j’ai repris la route retour dès samedi matin. Sur la route, on se salue à chaque fois qu’on croise quelqu’un. C’est certainement pour éviter de s’ennuyer trop sur cette route monotone ! Et puis les carcasses de kangourous sont beaucoup plus odorantes ; je suppose que c’est à cause de l’humidité ambiante. Il faisait moins chaud ce jour-là, ce qui m’a permis de rouler plus facilement. D’autant plus que, puisqu’il faisait moins chaud (30 degrés quand même…), les fameux lézards suicidaires n’étaient pas de sortie ! Pfff… tant mieux !
Comme prévu, à 3h57 de l’après-midi, premières gouttes de pluie. Très légères. D’ailleurs tous les cours d’eau qui contenaient beaucoup d’eau à l’aller étaient presque asséchés au retour. Plus de routes inondées. Mais plus l’heure avançait, plus la pluie se faisait intense. J’ai dormi à Karratha, sur un parking dans la ville, car je craignais des inondations (sur le parking d’une église… ils n’auraient pas pu me virer quand même ?!)… Et toute la nuit il a plu, fort, très fort. Et il y avait un très gros orage. J’espérais vraiment que l’histoire de la cage de faraday que constitue la voiture comme protection ne soit pas qu’une légende urbaine. Et en quelques minutes les routes étaient pleines d’eau. Le lendemain une route était inondée. Bien contente d’avoir roulé hier sans pluie. Il est possible qu’aujourd’hui la route soit interdite aux voitures. En tout cas je comprends maintenant pourquoi tout le monde possède un quatre-quatre ici.
Me voilà à l’aéroport de Karratha où il n’y a personne (avec trois avions par jour en même temps…). J’ai rendu les clefs de ma voiture de location dans une petite boîte car il n’y avait personne au comptoir. Seul problème : je n’ai pas été foutu de trouver un aspirateur dans la ville. Pour ce qui est de l’extérieur de la voiture, elle avait été bien lessivée pendant la nuit. Mais à l’intérieur il y avait pas mal de sable. Mais j’ai cherché pendant une heure et demie, demandé à plusieurs stations services… Pas moyen de trouver un « car wash » quelque part. J’en ai vu un ; en ruine … Je leur ai écrit un petit mot à l’agence de location. J’espère qu’ils ne vont pas me charger à cause ça. J’ai nettoyé comme je pouvais avec un chiffon. Enfin bref. On fait ce qu’on peut… Ce n’est pas toujours évident dans l’Outback. A l’aéroport j’ai pris ma deuxième douche depuis mon départ, histoire de ne pas effrayer Didi en rentrant à Perth ;o)

Jeudi 12 Février 2009 – Western Australia

Aujourd’hui, rebelotte. Snorkelling toute la journée, avec avant, pour se mettre en jambe, une petite marche matinale d’une heure autour d’un canyon. J’ai croisé là-bas une chèvre sauvage, des rock-wallabies, plutôt timides d’ailleurs, et au moins mon quatrième goanna depuis mon arrivée à Exmouth. En effet le long lézard a l’air de se plaire ici et sort régulièrement se poser au milieu de la route. Au moins, vue sa taille, il est plus facile à repérer de loin et donc on peut l’éviter plus facilement.

Quoique j’en ai vu un plus très frais au bord de la route également. J’ai aussi vu deux chevaux ; immédiatement je me suis dit qu’ils s’étaient échappés du centre équestre d’Exmouth à 60km de là… et puis finalement, après réflexion, il existe des chevaux sauvages en Australie. Peut–être étaient-ils de ceux là ? La nuit précédente avait été assez dure car les coups de soleil aux fesses, ce n’est pas terrible pour dormir dans une voiture… Ce matin dès le centre à touristes ouvert, je suis allée me procurer de l’après-soleil pour calmer le feu. Ce soir je peux m’asseoir sans faire la grimace, mais je suis toujours bien rouge ! Je suis dans un backpacker à Exmouth. J’ai ainsi pu prendre une bonne doudouche ! On devrait tous faire un jeûne de quatre jours de douche avec 40 degrés dehors ; ça nous apprend à savourer le privilège d’une bonne douche. Dans le parc naturel il n'y a aucune douche soit disant à cause des restrictions d’eau. Bref. Ca faisait du bien, même si j’ai du me sécher avec une serviette salée et si j’étais aussi trempée avant qu’après la douche. Dans le backpacker j’ai pu utiliser internet (dingue ! Quand on sait que le téléphone mobile ne passe pas !). J’ai rencontré quatre français en vadrouille. Ca faisait longtemps ; dans le Western Australia c’est beaucoup moins touristique. C’est ça qui est génial là où je baigne : il y a juste assez de monde pour alerter les secours si j’ai un problème. Mais en gros on est rarement plus de quinze sur une plage, et dix dans l’eau à un spot de snorkelling. Donc c’est génial ! Aujourd’hui j’ai du nager en tout 3h. Mais cette fois je suis allée dans l’eau avec T-shirt de protection, crème solaire dans le coup, et jupe ! Vu les dégâts de mon fessiers, j’ai préféré avoir l’air un tout petit peu plus ridicule mais profiter de la journée. Hier soir j’étais sur une plage pour le couché du soleil. J’étais seule. J’ai vu un gros coquillage, appartenant à Bernard, l’hermite, que j’ai d’ailleurs rencontré lors d’une de mes sorties en mer. Je voulais le bouger. Et puis je me suis dit « Non ! C’est peut-être la maison d’un autre animal maintenant ! ». Et puis une demi-heure plus tard, la fille de la famille « Je suis bronzé(e)» l’a ramassé sans aucun scrupule. Snif.

Fait intéressant que j’ai pu remarquer dans l’eau : on entend très distinctement des craquements qui correspondent… à chaque « croc » que les poissons prélèvent sur les coraux ! Chaque bouchée de coraux croustille sous la bouche du poisson ! Et puis c’est dingue qu’ils soient si différents tous ces poissons ! Il y en a des petits, des gros, des colorés, des tout blancs, des moches et des beaux ! Des tout fins, des qui font peur et des qu’on a envie de toucher. J’adore ! Je suis presque incollable sur les poissons maintenant ! Note personnelle à Ben : les trucs en forme d’énormes patates noires dans l’eau à Cairns, ce sont en fait des « concombres de mer » ; des organismes qui bougent très lentement et qui mangent du sable (pour ta culture !). J’aime assez les raies également, car elles sont majestueuses lorsqu’elles se déplacent dans l’eau. Pas de tortue aujourd’hui. Et puis ce matin on annonce la deuxième attaque de requin dans le port de Sydney en deux jours.


Mercredi 11 Février 2009 – Western Australia

Aujourd’hui j’ai été dans l’eau… beaucoup ! Toute la journée pour ainsi dire. De toute façon j’étais venue pour le Ningaloo Park qui abrite un récif de corail. Et bien je l’ai vu, et bien ! C’était génial ! L’eau est d’un bleu carte postale, très claire, et très chaude ! Assez chaude pour y entrer sans grimacer et y rester toute la journée sans avoir froid. J’ai fait du snorkelling toute la journée, c’est-à-dire nager avec masque et tuba. C’est trop génial car le récif est à quelques mètres de la plage ce qui fait qu’on y accède librement. J’avais beaucoup aimé mon expérience à la Grande Barrière de Corail mais c’était trop court ! Je n’avais pas pu observer la faune sous-marine assez longtemps. Et bien ici, pour le prix de l’entrée du parc national (20 dollars le pass annuel !), je peux en profiter tant que je veux ! Le seul problème c’est que… j’avais peur de toucher les coraux ! Ils étaient si proches.

A marée basse, un spot de snorkelling est même déconseillé car le niveau d’eau au dessus des coraux est insuffisant. Bref. J’ai adoré. C’est dingue le nombre de poissons et les différentes couleurs qu’on peut trouver. Il y a un petit poisson coloré qui m’a affronté en duel ! Ce petit curieux, au lieu de fuir lorsque je me suis approchée, m’a foncé droit dessus, yeux dans les yeux, et à deux reprises. Ca surprend ! Et puis j’ai pu nager avec une tortue ! J’aurais pu la toucher ! J’ai nagé à moins d’un mètre d’elle pendant une petite minute. C’était magique ! Il parait qu’il y avait un requin là où je nageais. Je ne l’ai pas vu mais cela est très possible et ils sont inoffensifs pour l’homme ceux-là. Aujourd’hui il a fait très chaud tant et si bien qu’on était mieux dans l’eau que dehors. Le seul problème à flotter toute la journée dans ce bon bain tout chaud…j’ai les fesses toutes rouges ! Un maxi coup de soleil m’a enflammé l’arrière train. En même temps ça aurait été trop beau de s’en sortir indemne malgré la crème solaire et le T-shirt de protection. Bon j’ai baigné toute la journée mais j’aurais bien aimé prendre ma première douche depuis mon départ… mais cela semble compliqué. J’ai fait tous les « campsites » du coin, et il n’y en a aucun avec seulement un robinet. Je me sens un tout petit peu sale à devoir me mettre de la crème, manger, et aller aux toilettes sans pouvoir me laver les mains jamais correctement. Sans compter que le sable ça colle pas mal et ça croque sous la dent !

Mardi 10 Février 2009 – Western Australia

La nuit fut longue. Je n’ai pas réussi à m’endormir avant le jour suivant. Il faisait chaud, très chaud. Et la lune était pleine, si pleine que lorsque j’ai mangé une tomate-passe-le-temps avec du sel vers les 11h du soir, je me suis rendue compte que je pouvais lire sans aucune difficulté toutes les indications inscrites sur la salière. On y voyait comme s’il faisait jour ! Et puis il y avait beaucoup de passages sur cette petite route. Des camions surtout. Des grands camions, qu’on appelle « road-train ». Toute la nuit, à toute allure, il défilait un à un rejoignant certainement la ville de Perth plus au Sud. Trempée de sueur, j’ai décidé de tourner la voiture de façon à ce que le vent pénètre dans la voiture et fasse descendre le mercure. Puis le sommeil m’a rattrapé.

Le lendemain j’ai roulé. 560km entre Karratha et Exmouth tout de même. La route est sujette aux inondations tout le long. Sauf que contrairement au Centre Rouge qu’on avait visité en Décembre, ici il y a de l’eau. Et une partie de la route était sous les eaux. Heureusement, juste quelques mètres de route sous une dizaine de centimètres d’eau. J’ai transformé la Hyundai Getz en quatre-quatre et j’ai vaillamment traversé le fleuve. N’empêche qu’il ne faudrait pas plus d’eau que ça au retour, sinon je vais me retrouver bloquée. Et ici, il n’y a qu’une route. Au moins pour les itinéraires, ce n’est pas trop compliqué ! Le reste de ma route s’est bien passée, mise à part une portion d’environ 150km. En effet, je ne pense pas exagérer en disant qu’il devait y avoir un lézard sur la route tous les kilomètres. En général de couleur rouge, environ 10cm de long, au milieu de la route et redressé sur ses pattes avant. Et il ne se taillait pas quand une voiture arrivait ! Alors éviter environ 150 lézards c’est très fatiguant et plutôt dangereux.


Bien entendu il y a eu des ratés. Je pense avoir écrasé deux lézards et dégommé un oiseau. Argh… cette sensation horrible quand on suppose que nos roues passent sur la pauvre petite bête stupide. J’en avais la chair de poule. Mais les deux lézards que j’ai écrasés étaient suicidaires ; ils se sont engagés sur la voie au moment où j’arrivais. Le premier lézard que j’ai écrasé était un rouge comme j’en ai vu énormément se dorer les écailles au soleil, et le second était un lézard qui marchait debout sur ses pattes arrières. Les deux espèces avaient la faculté de courir extrêmement vite ; dommage qu’ils ne l’aient pas plus utilisée. M’enfin bref.

Dans la série animaux, j’ai vu de très belles vaches et des émus à l’état sauvage. Des émus on en rencontre aussi en plein dans Exmouth, ce qui en fait la fierté de la ville. Je loupe la saison des requins-baleines dans le Ningaloo Park, mais je suis là pour les tortues. J’en ai vu pas mal quand il faisait jour, et ce soir je me suis improvisée observatrice de tortues à la tombée de la nuit, ce qui était très plaisant. Les tortues sortent à la tombée de la nuit, traversent la plage, et vont creuser des gros nids sur les dunes. Ces tortues mesurent bien un mètre de long. C’est trop marrant quand elles arrivent sur la plage. A chaque retrait d’une vague tu peux espérer voir une carapace échouée dans le sable. Puis, si l’eau ne récupère pas ce qu’elle a déposé, de la carapace sort une petite tête. Et puis la lutte commence. Ces pauvres animaux semblent devoir fournir une grande quantité d’énergie pour se traîner dans le sable jusqu’aux dunes. Heureusement que l’homme ne chasse pas la tortue ici, ce serait vraiment trop facile d’en attraper une embourbée dans le sable ! Ce soir comme hier, un orage très localisé se déroule plus loin. Il se passe dans un amas de nuages à un endroit bien précis. D’ici je peux observer le nuage et ses éclairs, mais je n’ai que l’image, et pas de son. Cela me convient plutôt bien.